[Fr] Chapitre 3 : La Route et le Trottoir

 

 

 

franchouillard

Français

HEY, Pour les trois prochaines minutes, j’veux qu’on m’appelle Johnny Blogger.

HAN, c’est l’retour de la légende de Johnny,

Même si j’peux tomber à tout moment comme la main de Jaimie.

8 octobre, j’sors du cockpit,

Si tu pensais que j’srais rapide et régulier, change vite de site.

Parce que j’suis toujours à l’arrache,

Ça m’est égal,

J’viens gratter comme quand j’grattais tes tickets en fin d’bal,

Cherche pas d’messages dans mes tournures, mes hyperboles,

J’fais ça pour le plaisir, parce que j’trouve que j’déchire.

(Yeaaah)

[EDIT] L’équipe de La Révolution des Émeus, composée de moi-même, tient à s’excuser pour les fautes d’orthographe que certains auraient pu apercevoir avant la modification. Si vous pensez avoir repéré une erreur, n’hésitez pas à me le faire remarquer. C’est juste une question de fierté personnelle, je n’apprécie pas l’idée de produire quelque chose de public en laissant des lacunes.

Mère-si 2 vohtr con-prayention.

ALLOOO. Vous allez bien ? Question rhétorique, je suis parfaitement sûr que vous vous portez tous au meilleur de votre forme. Maintenant que tout le monde (ou presque) est rentré, nous sommes désormais tous dans le même panier. Vous aurez sans doute remarqué que le laps de temps s’étant écoulé depuis la publication du précédent article est un chouia plus longue que d’ordinaire. Non j’avoue je suis à la bourre comme je l’ai rarement été. Veuillez m’en excuser mais il y a quelques raisons qui pourraient justifier ce phénomène :

– J’essaie de restreindre mon temps sur l’ordi. Vis à vis de mes parents d’accueil, ça me parait un peu irrespectueux de passer ma vie connecté sur internet, déconnecté de la réalité.

– Mon français s’affaiblit, comme certains d’entre vous ont peut-être pu le remarquer. Je ne m’y attendais pas du tout, en commençant mon voyage, mais pourtant c’est le genre d’aléas que tout étudiant rencontre en échange. Bon bien sûr je n’ai pas oublié mes constructions et tout ce qui va avec, mais ça me prend plus de temps pour trouver les bons mots et les bonnes expressions.

– Pqsser du clqvier azerty qu clqvier quwerty peut etre vrqi,ent frustrqnt pqr ,o,ent:

– Je suis exténué quand je rentre de l’école. Nondidju, je comprends pas comment je peux être si fatigué alors que je dors beaucoup plus qu’en Belgique (pas difficile, me direz-vous).

– WordPress n’est pas ergonomique pour un sou. Autant la mise en page du texte passe encore, autant celle des images est une abomination absolue.

Tout ça pour vous dire que je suis moins dispo pour enrichir mon blog qu’au début de mon échange. Mais soyez rassurés, je ne vous oublie pas, loin de là. Ce site sera mis à jour jusqu’à la fin de mon échange, et même après s’il le faut.

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Ce coup-ci je vais séparer mon article en deux grosses parties, qui auront comme sujet deux aspects radicalement différents de mon échange et qui auront comme appellation : “La Route” et “Le Trottoir” ! ( genius)

La Route

Qui dit échange, dit voyage. Qui dit voyage en Australie, dit D-D-D-D-D-DISTANCE. Bref j’ai passé la première semaine de mon mois de septembre non pas à Port Lincoln, mais bien à Adélaide. Nous allons remonter dans le temps jusqu’au vendredi 29 août, voilà ce qui c’est passé… Le-Visiteur-du-Futur-2 Quel était le but de ce voyage ? Il s’agissait initialement d’un week end d’information organisé pour les étudiants en échange (inbounds et outbounds) des districts 9500 et 9520. Ce voyage avait été planifié longtemps à l’avance. M’voyez, voyager en Australie, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut prévoir les (longs) déplacements, les endroits où loger, préparer des éventuels détours (quitte à parcourir 650 km, autant en profiter en pratiquant un peu de tourisme, n’êtes-vous pas d’accord ?), et bien sûr, anticiper les imprévus (bon évidemment je sais que par définition, un imprévu ne peut être anticipé, mais vous comprenez l’idée non ? Puis je trouvais que ça faisait une jolie petite antithèse, et j’aime bien les antithèses). Et quand on parle du loup (en anglais, ils disent “speaking of the devil” = “quand on parle du diable” #anectodeinutile), un imprévu nous est justement tombé dessus. La fille de mes parents d’accueil, enceinte et résidant à Adélaide, se vit apprendre que la date de son accouchement serait avancée d’une semaine, soit le mercredi 3 septembre. Ainsi, nous avons conclu avec mes parents d’accueil qu’il eût été absurde de me faire revenir le dimanche, pour repartir le mardi. Voilà pourquoi l’idée de me faire passer une semaine là-bas a vu le jour. Curieusement, ladite idée, impliquant une absence de plus de cinq jours d’école, ne vient pas de moi mais du Rotary. Comme j’aime structurer ce que je raconte, je vais subdiviser la partie “La Route” en sous-parties.

Avant de commencer : petite leçon de vocabulaire ! Outbound = étudiant en échange quittant le pays concerné. Je suis un outbound du point de vue belge. Inbound = étudiant en échange arrivant dans le pays concerné. Je suis un inbound du point de vue australien. Rebound = étudiant en échange retournant dans son pays natal (étudiant plus-en-échange, donc). Je serai un rebound dans dix mois, du point de vue belge comme du point de vue australien.

Les Trajets

J’ai quitté Port Lincoln le vendredi 29 août, laissant ma famille d’accueil derrière. C’est le président de mon Rotary club qui a pris la responsabilité de me conduire à bon port (le port). Ci-dessous : les deux principaux moyens de transports pour voyager de Lincoln à Adélaide.

 distance

Nous avons donc la voiture et l’avion. Oubliez le train, on en trouve que dans les environs des grandes villes (le reste c’est du transport de marchandise) et il n’y a pas de réseaux de ferrys (pas à ce que je sache en tout cas…). L’avion peut sembler être la meilleure solution, mais il n’en est rien. Le prix d’un aller-retour doit tourner autour des 300$ (et ils n’autorisent qu’un seul bagage de moins de 23 kg, ces rapaces), sachant qu’il faut en plus trouver un moyen de transport sur place. La voiture est donc le meilleur choix.

Pour être honnête, les paysages de la côte sont très jolis, mais peuvent vite devenir monotones après quelques heures de routes. Et des heures de route, croyez-moi, on en mange. J’ai toutefois entraperçu quelques petits décors pas trop mal.

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La couleur saugrenue de ce lac provient des algues qui tapissent son fond.

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Saviez-vous que la plus grande ferme du monde, Anna Creek, se situe en Australie et qu’elle possède une superficie supérieure à Israël ? Quoi ? Ah non, c’est pas celle sur la photo..

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L’expression “rien à l’horizon” prend tout son sens…

Bref les longs trajets, on finit par s’y faire. Je profite de ces “temps morts” pour améliorer ma lecture de l’anglais. J’ai commencé par quelque chose de facile, l’heptalogie d’Harry Potter. Maintenant j’enchaîne sur le cinquième volume de A Song of Ice and Fire, que j’attendais de lire depuis plus d’un an, car disponible exclusivement en anglais. 

Point culture pour les fans de GoT : A Song of Ice and Fire est le nom initial de la série romanesque. A Game of Thrones est juste le nom du premier volume. Bon, bien sûr, avec la série TV, tout le monde dit Game of Thrones, mais si jamais vous voulez vous la raconter en soirée ou tout simplement vous la jouer hipster puriste (comme moi ci-dessus), vous pouvez utiliser l’appellation d’origine. #Anectodehorssujet

La Journée Rotary en elle-même

Avant de continuer, je dois mettre un point au clair : je ne pense pas l’avoir vraiment expliqué précédemment, mais mon échange n’est pas du tout comparable à un échange en Belgique. Alors que le district 1630 (qui va du Limbourg au Luxembourg) comporte à peu près une moyenne de plus de 120 inbounds, le district 9500 (qui recouvre l’entièreté de l’Australie Méridionale et même une partie des Territoires du Nord) en comporte 7 (allez, je suis mauvaises langue, on est 12 avec le district 9520, qui fait la taille de la France). Mon but n’est pas de me plaindre ni de critiquer, mais de vous expliquer que contrairement à ce qui se passe dans les districts “peuplés”, il n’est pas facile pour moi d’être en contact avec les autres étudiants en échange, étant donné que nous sommes peu et dispersés dans une zone immense. Évidemment je trouve ça dommage mais, adepte des enseignement de Zénon de Citium,  j’ai décidé de ne pas me lamenter sur mon cas. Nous aurons l’occasion de nous voir quelques fois cette année, en attendant, je me dois de faire de mon mieux pour nouer des liens avec les habitants de Port Lincoln.

Voilà les districts concernés

Voilà les districts concernés.

TOUTEFOIS j’étais quand même bien content à l’idée de rencontrer mes semblables pour la première fois. Ainsi j’ai passé le vendredi soir à l’hôtel et samedi matin, j’étais en route. Et bien qu’un mois après, il m’arrive toujours de considérer le programme de cette journée comme ayant été la quintessence-même de l’antiamusement, je ne pouvais pas être plus content de voir enfin mes camarades et collègues étudiants en échange le samedi 30 août. Les temps libres nous ont permis de faire connaissance et surtout de mettre en commun nos péripéties en Australie du Sud. Mon bilan global de la journée reste positif grâce à ce point.

Une bonne petite équipe

Une bonne petite équipe.

 Séjour à Gawler

Si vous êtes perspicaces, vous vous êtes sans doute posé cette question en lisant ce qui précède : “Mais où donc est passé ce crétin d’Ornicar Augustin a-t-il logé en attendant l’arrivée de sa famille d’accueil ?” (si vous ne vous êtes pas posé la question, ce n’est pas grave, je l’ai fait pour vous). Réponse : à Gawler ! Cékoissa ? C’est une charmante petite ville qui se situe presque dans la banlieue d’Adélaide (à peu près 60 km de distance par rapport au centre). Chéki ? Dans la famille d’accueil de ma camarade française Mélanie, que je connaissais avant même de faire mon échange. Ainsi nous avons quitté la réunion avec sa conseillère. Sa maison (à Mélanie, pas à la conseillère) s’est révélée très différente de la mienne. En effet, celle-ci était très peuplée et se situait dans un cadre très campagnard. J’ai néanmoins reçu un accueil plus qu’excellent et suis toujours à l’heure actuelle reconnaissant envers les Reddens (la famille d’accueil de Mélanie) pour la façon dont ils m’ont traité. Tout d’abord, le papa d’accueil m’a emmené voir un match de football (pas le notre, l’australien, aka Footy ou Aussie rules), qui se jouait dans l’immense stade (oval) d’Adélaide. Si j’ai tout bien compris, c’était une espèce de match amical car les deux équipes étaient sûr de pas être qualifiées, quoi qu’il arrive. Enfin, l’ambiance était quand même au rendez-vous. Les parents d’accueil ont également permis à Mélanie de manquer l’école pour qu’on puisse faire un petit tour à Adélaide (je parlerai de la ville ci-dessous, bande de petits impatients). J’ai également été voir un film… pour nanas (oui oui, rigolez tant que vous le pouvez, le tranchant de vos jugements rebondit sur le bouclier de mon indifférence). C’est également là que j’ai réalisé mon Ice Bucket Challenge avec un peu de réticence, mais bon, je voulais pas vexer la personne qui m’avait nominé (ceci-dit je n’ai toujours pas de nouvelles de mes trois nominés belges… sachant que se renverser un verre d’eau sur la tête, bourré, n’est pas une compensation suffisante 😀 ) Bref, quand mes parents d’accueil sont venus me chercher mercredi, je suis reparti plein de gratitude à l’égard de ces personnes qui ne me devaient rien, mais qui m’ont toutefois consacré une partie de leur temps.

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Adelaide Oval

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J’ai eu un bref aperçu de la vie d’échange avec une petite sœur d’accueil. Verdict ? Parfois pénible, mais qu’est ce qu’on se marre.

Adélaide, Joyau du Sud

Présentation : Dieu sait que je n’ai pas beaucoup voyagé dans le monde (avant mon échange bien sûr), mais je peux toutefois vous assurer une chose : Adélaide se range facilement parmi les plus belles cités du globe. Les rues sont propres, les bâtiments sont jolis et les banlieues font très “américaines” et très peu “miséreuses”. La ville est très verte et donne l’impression d’être très “aérée”, car elle est très étendue. C’est bien simple, elle recouvre tellement d’espace, qu’un réseau ferroviaire (moyenâgeux au possible)  a été instauré pour relier le centre à la périphérie. Bien que la ville soit plutôt peuplée (un million d’habitants, c’est quand même pas rien), les immeubles et autres bâtiments à multiples étages se trouvent uniquement dans le centre (que l’on peut apercevoir sur la photo). Le reste de la population vit dans des banlieues pavillonnaires à la Desperate Housewives.

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Vue globale de la ville depuis les collines.

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Le système d’achat des tickets est à se tirer une balle. Encore pire que les guichets automatiques belges, et je pèse mes mots.

Ainsi donc, Adélaide est composée d’un centre et de banlieues, qui elles-même sont dotées d’un petit centre d’activité (townception). Nous avons résidé pendant cinq jours à Norwood, petit faubourg possédant les caractéristiques que j’ai citées plus haut.

Norwood

Norwood, ouais il faisait pas très beau ce jour-là, ça arrive, c’est la vie.

Le Centre : Il est quant à lui constitué de tous les complexes universitaires, des rues à bars (en même temps, l’un va rarement sans l’autre….) des rues commerçantes et des bâtiments administratifs. On y retrouve également l’Oval, la gare et la Grand Place. J’ai eu le temps de visiter le noyau d’Adélaide quelques fois en une semaine. La première fois, avec Mélanie, nous avons surtout exploré la rue commerçante et les arcades (c’est le nom anglais des galeries commerçantes ; à ne pas confondre avec l’ex-Q.G. des M.C.P. Venimeux). J’y ai surtout fait le plein de souvenirs, je pensais que je pourrais m’acheter quelques vêtements, mais je me suis abstenu, le prix des fringues là-bas est tellement élevé que même en vendant mes reins, je ne pourrais pas m’acheter un t-shirt sans m’endetter auprès de la banque de Braavos. La deuxième fois, j’y suis allé avec Bill, mon papa d’accueil. Étant donné que j’aime me culturifier l’esprit, je me suis rendu au principal musée de la ville, qui se trouve dans le complexe universitaire. Les deux thèmes privilégiés étaient visiblement les populations aborigènes et les animaux locaux. (Faut dire que les colons européens n’ont pas été des plus sympa avec les uns comme avec  les autres)

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Quelle grâce, quelle fierté, quel magnifique animal.

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Ce ne sont pas des masques fabriqués par des aborigènes, mais bien par des peuples du Pacific (venant des îles au Nord de l’Australie)

Lors de ma troisième visite, je me suis vu accompagné par ma maman d’accueil, Jackie. J’y ai visité les marchés souterrains; Chinatown, et Glenelg, l’une des plages les plus populaires d’Australie (bien que, hiver oblige, presque déserte ce jour-là).

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Chinatown… ce merveilleux endroit où l’on peut trouver des restaurants thaïs, indiens, malaisiens, coréens, japonais… et parfois chinois je crois..

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Glenelg

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Ce gars-là a tout compris à la vie. Son job se résume à tremper ses bâtons dans l’eau savonneuse et laisser faire le vent. Je peux vous assurer que son seau était remplis de fric à ras bord. Gagner sa vie de cette manière suscite l’admiration.

The Royal Adelaide Show : Le Show est une espèce de mélange entre une méga fête foraine du style Foire à Liège et une méga fête agricole du style Foire à Libramont. On y trouve des attractions, de la nourriture, des animaux de la ferme, des forains, des animaux domestiques, des spectacles, des expositions artistiques et de machines, le tout au même endroit. Je m’y suis rendu avec Mimi, une étudiante en échange du district 9520. Après avoir payé notre entrée pour la plus que très modique somme de 25 dollars (!), nous avons vite compris que passer le temps à faire des attractions n’était pas une possibilité envisageable. De fait, débourser entre 10 et 20 dollars pour profiter d’UN tour de manège est peut-être un chouia excessif ? (Surtout que deux jours plus tard, une pauvre jeune fille est décédée dans une attraction…) Néanmoins, en ce qui concerne le reste de la foire, tout (excepté la nourriture et les souvenirs) était entièrement gratuit et libre d’accès. En une journée, nous avons eu le temps de faire le tour et globalement je ne suis pas déçu de m’être rendu à cet événement.

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Da show

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J’aime co bin tout ce qui touche aux vieilles machines industrielles.

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Enfin un pays où Regular Show a obtenu le succès qu’il mérite.

SAM_0359 (45) Je suis retourné à l’appartement que nous louions avec un taxi. Première fois de ma vie que je suis confronté à ces engins-là… Le chauffeur semblait manifester un certain excès de zèle, ce qui a toujours eu le don de me mettre mal à l’aise. En outre, je passerai sous silence son accent asiatique très prononcé qui, si on ajoute à cela mon accent français tout aussi prononcé, rendait la conversation plutôt ardue à maintenir. Enfin, soit, ce n’était pas très loin, du coup, le temps d’essayer de lui faire comprendre où était la Belgique (il croyait que c’était une ville de Nouvelle Zélande hahaha), j’étais de retour, mon portefeuille allégé des 20 euros que me coûtèrent ce trajet. Enfin, comme toutes les bonnes choses ont une fin, il m’a bien fallut repartir vers la capitale du fruit de mer, le dimanche 7 septembre, j’étais de nouveau sur ma route. Sans titre

 Le Trottoir

Cependant un échange ne comporte pas que la facette du voyage et des visites. L’échange, c’est aussi fréquenter sa petite école, rester dans sa petite ville et vivre sa petite routine. C’est cette intégration progressive à la vie locale, cette découverte du quotidien, qui différencie l’étudiant en échange du touriste lambda.

 L’École

Rien de fondamentalement nouveau par rapport à ce sujet. L’école reste l’école, en d’autres termes, ce n’est ni l’enfer, ni le paradis, c’est… l’école. J’ai fini par adopter la combinaison O.B., parce que je n’aime pas le chaud. Ces dernières semaines n’ont pas été des plus passionnantes, étant donné que “fin de trimestre” rime avec “assignment task”  (c’est pas que je veux faire mon hipster bilingue, je ne trouve juste pas le mot en français…). Même le cours de cuisine devient théorique. 😥  Évidemment, tout élève assidu que je suis, je me démène pour essayer d’accomplir le même travail que mes condisciples… Le problème, c’est que le travail desdits condisciples se résume à ça… www.onemotion.com/flash/snake-game/, du coup, on va dire que j’ai pas trop mauvais ? Le temps passé en récré est plutôt pas mal, j’ai pris pas mal d’assurance avec les autres élèves et il est maintenant plus facile pour moi de comprendre les autres et de m’exprimer.

 La Vie à la maison

Qu’est-ce que je pourrais vous raconter sur la maison ? Mon domicile n’est pas des plus rebutants, comme vous avez sans doute pu le remarquer. Le seul petit défaut est peut être le fait que j’habite au sommet d’une colline possédant une pente relativement douloureuse (qui pourrait presque faire pâlir de jalousie la côte hazeilloise). Mes parents d’accueils sont toujours aussi sympas, et ma chambre est toujours aussi bordellique. La vie d’étudiant en échange m’aura appris pas mal de petites choses utiles au quotidien. Voici une liste de mes nouveaux skills méga pratiques : – Je sais nouer un nœud de cravate. Yup je commence avec du lourd. – Je sais faire toutes sortes de trucs dont j’ignorais jusqu’à l’existence avec mes cartes bancaires. – Je sais lancer la machine à laver et obtenir un résultat correct. – Je sais cuire des morceaux de blanc de poulet et faire de la crème au beurre. – Je sais repasser mes vêtements. Ne rigolez pas, ça demande beaucoup de savoir-fer.

[EDIT] Une semaine après la publication de cet article, je ne suis toujours pas sûr d’assumer cette blague. Je suis en pleine méditation métaphysique afin de savoir si oui ou non je dois la conserver. 

 

 La Langue

J’apprivoise l’anglais australien petit à petit. Je n’ai presque plus de difficultés à comprendre ce que les autres racontent et mon taux d’erreur de grammaire à la minute commence à chuter plus vite que la popularité de François Hollande. Je suis amené à apprendre beaucoup de mots typiquement australiens (slang), en voici quelques uns, parmi mes préférés : – Mate = copain, mon pote. Pas vraiment un mot exclusif, mais il s’agit d’une véritable tradition. Même dans les réunions ils s’appellent comme ça entre eux. – Chick = poulette, gonzesse. ‘me fera toujours marrer celui-là. – Crook = malade. J’aime bien la manière dont sonne ce mot. – Bugger = zoophile. Insulte commune, parfois affectueuse. – Pull up = récupérer tant bien que mal après une soirée arrosée. How did you pull up? Peut s’avérer être une question de mauvaise augure.

 Grand Final Day (Finale locale)

Un samedi, (ne me demandez pas lequel, je n’en ai aucune idée), je me suis rendu à la finale locale de football (pas le football européen, le football meurtrier australien). Aussi triste que cela puisse paraître, mon équipe s’était faite virer en demi finale (ce qui fait que le foot est déjà fini pour moi). Du coup, on a regardé les autres équipes faire la finale. J’étais dans la remorque de mon ami Puck. Nous étions très bien installés, jusqu’au moment où le soleil décida de transformer la surface métallique de la voiture en barbecue. Du coup on est rentré DANS la voiture, à l’abris des rayons meurtriers.

Ciel attaque lance-soleil. C'est super efficace.

Ciel attaque lance-soleil.
C’est super efficace.

Le soir, nous nous sommes rendus à la buvette des vainqueurs. Tout allait très bien, jusqu’à ce que quelques mineurs bourrés se fassent remarquer et s’attirent les foudres du personnel. Personnellement, je trouvais ce spectacle tout à fait marrant, mais quand les fêtards en sous-âge se sont carrément fait virer de l’endroit, ça a jeté un grand froid. Comprenant que cet endroit n’était pas l’idéal pour se désaltérer le gosier, nous avons quitté la buvette afin d’aller chercher quelques rafraîchissements chez un ami. Quand nous sommes revenus (bien plus joyeux qu’au moment de quitter), c’était le bordel total à la buvette. Des génies s’étaient arrangés pour allumer tous les extincteurs du bâtiment, quelqu’un avait volé des boissons dans la réserve et la sécurité avait été triplée. À partir de ce moment là, on ne s’est plus trop fait remarquer. Mais je me suis quand même bien marré.

 Grand Final Day (Finale nationale)

Le samedi suivant avait lieu la finale australienne de football. Je suis allé la regarder chez un ami. On était plutôt bien posés, il y avait un jacuzzi, un projecteur et des boissons dans une piscine. Après le match, on a bifurqué vers une fête. C’était chez une fille que je ne connaissais pas, et je n’étais pas vraiment invité, mais ça ne dérange pas pas forcément les gens d’avoir le Belgian exchange student chez eux, j’ai cru remarquer. Grosse nouveauté pour moi : y’avait beaucoup de monde (une centaine de personnes), mais pas de boissons. En fait, c’est facile à expliquer : même en ayant plus de 18 ans, un jeune ne peut pas acheter de grosses quantités d’alcool, sous peine d’éveiller les soupçons. Du coup, on assiste à un retour de la vieille mode “B.Y.O.D.”: Bring Your Own Drinks. Malheureusement ladite fête a été fermée après une plainte des voisins, et peu désireux d’avoir affaire à la police, nous avons quitté la maison après avoir appris la nouvelle. C’était très sympa ceci dit.

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Une trace de mon existence à Port Lincoln

 Vacances

Ah oui, techniquement je suis en vacance à l’heure où j’écris ces lignes, mais vu que la longueur de cet article est déjà plutôt considérable, j’ai décidé de les narrer dans le prochain. Voili voilou, ainsi se termine ce chapitre 3! J’espère que vous avez aimé. Je m’excuse infiniment pour le retard. Le prochain article sera prévu pour fin octobre-début novembre. Je vous promets que je vais essayer de m’y tenir !

[EDIT] Raté. Rendez-vous fin novembre-début décembre les p’tits gag.

Pendant ce temps, en Belgique, nous avons reçu quelques informations (bien que non-officielles) quant à ma correspondante. Elle nous vient de Nouvelle Zélande. Inutile de vous demander de lui réserver le meilleur des accueils, je sais bien que vous le ferez dans tous les cas ! Au revoir les amis, la suite au prochain épisode des kangourous de l’espace!

http://www.youtube.com/watch?v=RPCv5ScmxVw

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Ces bébés émeus ne connaîtront jamais leur géniteur. Celui-ci est mort au front.

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3 thoughts on “[Fr] Chapitre 3 : La Route et le Trottoir

  1. Salut à toi mon “Tchantchès international”!
    C’est vrai que nous n’avions plus beaucoup de nouvelles depuis la publication de ton précédent chapitre, certes, mais un article d’une telle qualité vaut bien toutes les attentes du monde! non? Quel bonheur de lire tes péripéties accompagnées d’une sublime note d’humour! ; nous ne pouvons que t’encourager dans cette voie!
    Je me réjouis également de tes nouvelles fonctions ménagères! note bien toutes les recettes, je n’ai jamais excellé dans le domaine de la pâtisserie.
    Au plaisir de lire tes nouvelles aventures au pays des oiseaux fous, en attendant, porte toi bien dans ton paradis Australien!
    Mille bisous et bonne route!
    Mamounette, ta plus grande fan

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  2. Superbe 3e chapitre! Tout se lit comme un journal intime d’un…serial-student. Es-tu sûr que ton français s’étiole? Tu sors des mots de la « mort qui tue » et ta syntaxe n’a rien à envier à Tyrion Lannister! Rassure-toi à ce niveau-là! Tu as bien raison de profiter de la vie « réelle » là-bas car rester devant son PC, c’est tout de suite moins sympa. J’envie toutes les personnes que tu rencontres là-bas, j’espère qu’elles mesurent la chance qu’elles ont de te côtoyer. Mes hommages respectueux, cher Tyrion, neveu de feu! 🙂

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  3. Hello Augustin,
    Effectivement tes journées paraissent hyper bien remplies et plus que variées à te lire,
    Quiconque voudrait sortir de sa monotonie quotidienne devrait parcourir ton blog pour s’évader à la lecture de tes divers récits palpitants.
    Mes félicitations aussi pour tes nouvelles capacités à réaliser les tâches pratiques dans la maison. Tu frises pratiquement la perfection…, toutes les filles d’Australie et/ou de Belgique vont vouloir te mettre le grappin dessus 🙂
    Sache également que de nombreuses personnes ici prennent des nouvelles toi et que je me fais un plaisir de les informer.
    Vivement le skype de dimanche mon grand. Porte-toi bien, je t’embrasse.
    Papa..

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